jeudi 26 février 2015

SWEATSHOP : du blog mode à l'usine cambodgienne

Sweatshop une série documentaire made in Norvège a fait preuve d'innovation tout en surfant sur un sujet polémique tendance. 
Recette : Envoyez 3 blogueurs mode en "immersion" dans une usine cambodgienne, secouez bien, et voyez ce qu'il se passe...

Pour être honnête, étant une grande lectrice de blogs mode bien que parfois effarée par l'effroyable augmentation du consumérisme et du fast-fashion, j'avais hâte de regarder cette série.
Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être l'espoir d'avoir un électrochoc qui bloquerait à tout jamais mes envies d'H&M ou bien l'envie de sourire de ces jeunes riches qui découvriraient le monde (je sais c'est mal).

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Et bien j'ai été déçue.

Déçue par la durée du documentaire, divisé en 5 bébés épisodes d'une dizaine de minutes qui m'ont fait pensé que les blogueurs y sont restés genre une semaine alors qu'en fait j'ai découvert en rédigeant cet article qu'ils étaient resté en réalité 1 mois, ce qui n'est pas du tout comparable.

Déçue parce que je n'ai pas vraiment compris la réalité de l'immersion. Dans le reportage, on voit tantôt les blogueurs dormir chez l'habitant tantôt à l'hôtel, ce qui clairement n'a rien à voir, surtout au Cambodge. Idem pour l'usine, on les voit y "travailler" dans un épisode mais y sont-ils retournés plusieurs jours d'affilée ?

Déçue par le comportement des blogueurs, peut-être à cause de l'extrait repris partout pour la promo du documentaire où une des blogueuses craque devant la caméra. Ce moment là (émouvant) n'arrive qu'à la fin du documentaire suite à la prise de conscience de l'injustice de la vie des locaux, qui travaillent énormément et ne peuvent même pas subvenir à leurs besoins vitaux. 
Avant, les blogueurs semblent comme imperméables, constatent mais sans plus. Je suis d'accord qu'il y ait un temps de décalage où l'on ne prend pas conscience tout de suite de l'effroyable réalité que l'on a devant les yeux. Mais j'ai été effarée lorsque la même blogueuse après sa découverte du travail à l'usine a "dédramatisé" la dureté du travail et les conditions des employés en invoquant que eux avaient l'habitude et n'avaient connu que ça (et qu'au moins ils avaient un travail).


J'ai eu l'amère impression que les blogueurs craquaient d'abord parce qu'ils étaient fatigués et parce que c'était la première fois qu'on les faisait travailler de leur vie, plutôt qu'à cause de leur découverte. Et encore travailler de manière très soft, perso je n'ai jamais réussi à coudre à la machine affalée sur ma table en disant que j'étais épuisée. Cela dit je n'ai jamais accepté non plus de prendre dans mon assiette de la nourriture que je sais que je ne mangerais pas alors que ceux qui me l'offrent sont dans le besoin. Notons d'ailleurs (et c'est spécifié), l'usine dans laquelle est tournée le reportage n'est pas la pire (logique vu que les pires ont refusés). 

Déçue du résultat. Apparemment les blogueurs auraient essayé de faire pression contre H&M notamment en leur demandant des comptes mais plus personne n'en parle. Et d'ailleurs on parle beaucoup d'H&M, mais dans le reportage c'est de Mango dont on parle, il me semble, et eux n'ont pas de ligne Conscious. Quant aux blogueurs, ils ne semblent pas vraiment avoir tiré un trait sur les fringues low cost, à en voir leurs Instagram, ce qui est un peu le comble finalement. Les blogueurs seraient-ils alors des humains comme les autres ?! #lolilol

Après c'est en anglais alors j'ai peut-être rien compris mais globalement je reste déçue du concept qui était vraiment une bonne idée pour éveiller certaines consciences. Cela confirme aussi (encore une fois) que ce sont ceux qui ont le moins, qui donnent le plus, et ça, c'est vraiment beau.

Au final, cette série m'aura apporter mais pas ce que je pensais. On nous parle souvent des conditions de travail difficile mais peu du fait que là bas, ils meurent parce qu'ils n'ont quand même pas assez pour manger. La hausse de leur salaire devrait être obligatoire et je suis encore plus dégoûtée par l'indifférence des marques face à ça. Du coup, je suis déterminée à faire des achats vraiment plus réfléchis et à favoriser les gammes respectueuses de l'humain (en attendant d'être blindée et de pouvoir acheter français).

La série est visuellement belle, lumineuse, bien cadrée et je vous conseille de vous faire votre propre avis, ici !  


Et vous, qu'en pensez-vous ?

Des bisous,
Marie

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